Julie
Vlaminck, la moisson

Étrangement, c'est lorsque quelque chose m'a touchée ou m'a vraiment émue que je ne parviens plus à trouver les mots pour m'exprimer. Pourtant ce dont j'aimerais parler dans cet article pourrait très facilement se résumer, et ce de façon même triviale : lundi soir, j'ai voulu me changer les idées après une longue journée de cours; j'ai donc pris ma trottinette et ai roulé à toute vitesse jusqu'à châtelet les halles pour ensuite prendre le RER A. Ok, on n'est pas très avancé avec ça.

Je pourrais aussi dire qu'il y a quelques années, la seule façon que j'avais trouvé pour m'offrir une pause dans la journée était d'arriver très tôt le matin au lycée : j'admirais ainsi la magnifique vue de Paris que l'on voyait du haut de la colline, je m'émerveillais devant les lumières scintillant au loin dans le petit matin, puis tout doucement je rejoignais ma classe, et collée au radiateur, bien au chaud, j'écoutais le lycée se réveiller. Je vivais tout cela dans un émerveillement sans cesse renouvelé - émerveillement que j'ai d'ailleurs peur de perdre un jour... - et qui me procurait une petite dose de joie pour la journée :).

Cette année, ça a un peu changé. Le trajet pour aller à l'EPP (école des psychologues praticiens) est plus long, ce qui fait qu'il m'est plus difficile d'arriver tôt le matin. Je compense donc en restant tard le soir (ce qui m'impose un rythme un peu décalé, mais ce n'est pas grave). Alors que le matin, j'écoutais le lycée s'animer peu à peu, là je découvre le moment où le bâtiment, de nouveau vide, se revêt d'une nouvelle dignité enveloppée de silence et de majesté. 
Ces moments de grâce, j'aime à les vivre en solitaire : ils deviennent en quelque sorte un petit trésor gardé bien précieusement dans la malle de mon coeur (métaphore, quand tu nous tiens !), d'autant plus précieusement que j'essaie à tout prix de préserver leur originalité, leurs particularités afin de rester au plus près de l'émotion ressentie sur le vif.

Tout ça est une bien belle divagation, mais en quoi a-t-elle un lien avec ce fameux lundi soir ? Eh bien tout simplement parce que en décidant de faire un long trajet dehors et en roulant à toute vitesse avec ma pauvre petite trottinette, j'ai ressenti un de ces moments de grâce si rares et si indicibles. 
Je me suis sentie vraiment bien, dans une sorte d'osmose, pour la première fois depuis longtemps. J'étais heureuse tout simplement, et même avec du recul je ne peux pas expliquer les causes de ce soudain bonheur et bien-être. Ce qui est certain, c'est que j'ai eu l'impression d'être plus vivante que jamais, plus libre qu'il n'est possible de l'être. Arrivée à Saint-Michel, je n'ai donc pas pu m'empêcher d'appeler mes parents : "je suis à saint michel. Je viens de faire le trajet à trottinette. Il fait un peu froid mais je suis heureuse". (Si vous avez besoin de conseils pour passer pour un cinglé, appelez-moi, je pense pouvoir vous aider ;) ).


Et pour passer encore plus pour une cinglée,
revivez mon trajet en ligne ! Bah oui dis donc, c'est super ça !
et drôlement intéressant !



Agrandir le plan


Enfin bref, ce lundi soir en question m'a beaucoup émue. Comme quoi, il suffit de pas grand chose pour trouver le bonheur... Tout dépend de notre façon de voir les choses, de les aborder :).


Bisous à tout le monde

PS : n'hésitez pas à poster des commentaires, on fait un concours de cinglée-attitude ;)
1 Response
  1. Olivier Says:

    Chacun son délire après les cours

    Olivier


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A la pêche aux idées farfelues... !